Thursday, June 9, 2011

Une crise – quelle crise ?


La correction des actifs risqués en février/mars s’était traduite par un vif rebond du VIX (une mesure de la volatilité implicite du S&P500) au-dessus de 30 ; mais depuis lors, les dernières corrections du marché n’ont donné lieu qu’à une seule brève incursion du VIX au-dessus de 19, à la suite du rapport sur l’emploi américain qui avait été décevant, l’indice étant depuis revenu en dessous de 18.
D’autres mesures sont également plus soutenues, en particulier celle présentée par le graphique de la semaine, à savoir la probabilité de défaut à cinq ans de la dette émergente, estimée à partir des CDS (moyenne arithmétique des constituants de l’indice EMBI Global Diversified).
Cette mesure de risque revient sur les points bas de 2007 et laisse penser qu’il n’y a pas d’inquiétude généralisée quant aux perspectives macro-économiques.
Les indicateurs avancés, tels que la courbe des taux des marchés développés, les marchés actions eux-mêmes ou les indicateurs de l’OCDE ne suggèrent pas non plus que la fin du cycle est proche.
Les enjeux de la construction de portefeuille
Nous observons une hausse de la volatilité des corrélations depuis une dizaine de jours, ce qui limite la diversification recherchée d’un portefeuille augmentant ainsi le profil de risque anticipé. Bien qu’il s’agisse d’une observation de court terme, elle nous conforte dans notre vision de moyen-long terme selon laquelle les corrélations entre classes d’actifs auront tendance à augmenter, suggérant que tout portefeuille est susceptible d’être plus risqué au cours des 5 prochaines années qu’il ne l’a été durant les 20 dernières.
Cette évolution milite pour davantage de diversification au niveau des décisions d’investissement et de flexibilité dans l’allocation d’actifs et la construction de portefeuille.

Source : David Shairp www.next-finance.net

Sunday, May 8, 2011

L'AMF met en œuvre la nouvelle classification des OPCVM monétaires


L'Autorité a publié les instructions créant deux catégories de fonds le 1er juillet. Elle rappelle les sociétés de gestion à leur devoir d'analyse.

Au 1er juillet, les OPCVM monétaires français, soit 336 milliards d'euros d'encours à fin mars, feront peau neuve. L’Autorité des marchés financiers ( AMF) a publié hier les instructions qui permettront de mettre en œuvre les recommandations faites en mai 2010 par le Comité européen des superviseurs de marché, le CESR, devenu l’Esma au 1er janvier. L’ AMF s’est calée sur le texte du CESR, en apportant quelques précisions d’ordre pratique.
Deux catégories d’OPCVM monétaires verront donc le jour le 1er juillet: les «monétaires court terme» et les «monétaires» tout court. Les premiers devront investir dans des instruments d’une maturité résiduelle inférieure à 397 jours, et afficher une maturité moyenne et une durée de vie moyenne pondérée de 60 jours et 120 jours maximum, ces deux critères reflétant respectivement les risques de taux et de liquidité du fonds. Pour les «monétaires» simples, les plafonds de durée passent à 2 ans, 6 mois et 12 mois respectivement.

La nouvelle classification entre en vigueur dès à présent mais ne deviendra obligatoire que le 1er juillet 2011. Les fonds créés après cette date devront s’y conformer immédiatement, alors que ceux qui existent déjà ont jusqu’au 31 décembre pour s’adapter. Si «ni la stratégie ni le profil de risque ne sont substantiellement modifiés», les sociétés de gestion seront dispensées d’informer systématiquement par courrier les investisseurs et n’auront pas à leur offrir d'option de sortie sans frais.
L’ AMF rappelle, au passage, les sociétés de gestion à leurs devoirs d’analyse. Les recommandations du CESR ont en effet été critiquées l’an dernier car elles demandent aux fonds de se référer aux notations émises par deux agences pour apprécier la qualité d’un actif, rendant ainsi la réglementation otage des agences de rating«La société de gestion reste seule responsable du respect du niveau requis de qualité des titres dans lesquels l’OPCVM sera investi, et la notation des titres ne pourra être considérée comme le seul critère déterminant de ce niveau de qualité», souligne l’ AMF.
L’Autorité a par ailleurs renoncé à introduire en France des fonds à valeur liquidative constante, pratique courante outre-Atlantique et permise par la définition européenne des fonds monétaires. Ce type d’OPCVM présente «des problématiques comptables et peut générer des risques spécifiques sur lesquels une réflexion est engagée».



Source :  AGEFI Asset Management, Alexandre Garabedian

Sunday, March 13, 2011

Bruxelles pourrait menacer le dispositif Scellier

La Commission européenne aura-t-elle raison du dispositif Scellier ? Il y a quelques semaines, elle épinglait plusieurs dispositifs fiscaux encourageant l’investissement locatif, au titre que ceux-ci violaient la règlementation européenne. En cause, les amortissements dits Périssol, Besson, de Robien et Borloo neuf, permettant aux personnes faisant l’acquisition d’un logement neuf en vue de le louer d’en déduire une partie de leurs revenus fonciers. Pour Bruxelles, ces dispositifs sont«incompatibles avec la libre circulation des capitaux, principe fondamental du marché unique de l'Union européenne». En somme, ils sont contraires aux règles en vigueur dans l’UE, puisqu’ils permettent à un Français d’en bénéficier pour un achat en France, mais pas dans un autre Etat de l’UE. 

Mais en réalité, on ne peut plus à ce jour enclencher ces dispositifs, puisqu’ils ont été remplacés par l’amendement Scellier dans la loi de Finances rectificative de 2008, pour donner un coup de pouce à l’investissement locatif alors plombé par la crise. Etrangement, ce dispositif n’avait pas été inclus dans l’avis de l’UE adressé en février à la France. Cependant, dans un entretien avec Les Echos paru lundi, le commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Semeta, indiquait qu’il n’excluait pas «d’ouvrir une procédure» à l’encontre du dispositif Scellier. «Ce n’est pas à nous de dire [à la France] quels outils elle doit utiliser, mais à elle de voir comment elle doit les modifier pour tenir compte de nos remarques», expliquait-il aux Echos.

Pour l’instant, au secrétariat du Logement, on prépare seulement une réponse à l’avis effectivement adressé le 16 fevrier «dans le délai imparti», c’est-à-dire deux mois. Il s’agira d’ailleurs d’une réponse de l’Etat, puisque la question concerne plusieurs ministères, notamment celui des finances. Au secrétariat du logement, on souligne également que «le logement ne dépend pas en principe de la compétence de l’Union européenne, mais de celle des Etats». Reste donc à trancher qui, de la libre circulation des capitaux dans l’UE ou de la politique du logement de la France, aura le dernier mot.

M.D. (09/03/2011)

Monday, January 31, 2011

Le marché des ETF progressera encore de 20 à 30 % en 2011


Les trackers se portent bien. Au niveau mondial, les actifs sous gestion ont augmenté de 26% à 1.036 milliards de dollars, d’après la recherche sur les ETF (exchange traded funds) de BlackRock. 2.459 trackers étaient disponibles à fin 2010 dans le monde. Même si le nombre de gérants est lui aussi en hausse, le marché reste très concentré. Les trois premiers opérateurs en termes d’actifs sous gestion, iShares (BlackRock), State Street et Vanguard, occupent 70% du marché alors que 136 fournisseurs d’ETF étaient recensés à fin 2010.
La concentration sur les produits est forte aussi. Les 100 premiers trackers représentent 63% des actifs sous gestion. «La taille des fonds est importante pour les clients institutionnels, a expliqué Deborah Fuhr, responsable mondiale de la recherche sur les ETF chez BlackRock lors d’une conférence de presse. Des règles internes les obligent en effet à ne pas détenir plus d’un certain pourcentage du fonds».
Les clients particuliers et la clientèle privée auront quant à eux un accès de plus en plus restreint aux ETF inversés, qui permettent de jouer un actif à la baisse. Aux Etats-Unis, ces trackers ne sont plus proposés par les banques privées depuis un an à la demande de la SEC. Et au Royaume-Uni, la FSA s’est récemment inquiété de l’offre de ces produits aux particuliers. De fait, comme l’ETF inversé est réinitialisé à chaque séance, il affiche une performance qui n’est pas tout à fait l’inverse de celle de son indice de référence sur une période supérieure à un jour.
En 2011, le marché sera soutenu par la demande d’ETF sur les actions américaines et émergentes et les obligations à haut rendement, et par l’intérêt pour les ETP sur l’or et l’argent, d’après Deborah Fuhr«Le marché devrait progresser de 20 à 30 % cette année et l’actif sous gestion pourrait dépasser la barre des 2.000 milliards de dollars début 2012», a-t-elle ajouté. Mais elle ne croit pas aux ETF gérés de façon active, actuellement au nombre de 30. D’abord, les clients à la recherche d’alpha n’utilisent pas les trackers. Par ailleurs, leur développement se heurte aux réticences des gérants actifs - qui, s’ils transformaient leurs fonds en ETF, seraient contraints de rendre publics leurs choix d’investissement - et à celles des brokers, alors obligés de fixer des prix quotidiennement.

Source : Violaine Le Gall. AGEFI Asset Management

Tuesday, January 11, 2011

Swiss Franc Weakens After Japan Bond Pledge Eases Euro Concerns


The Swiss franc weakened against the euro after Japan’s pledge to buy part of a bond issue aimed at stemming Europe’s debt crisis curbed investors’ appetite for the safest assets.
The Alpine nation’s currency was little changed against the dollar. Japanese Finance Minister Yoshihiko Noda said his country, holder of the world’s second-largest foreign-exchange reserves, will buy bonds issued by Europe’s financial-aid funds in the wake of bailouts for Ireland and Greece.
“The comments by Japan that they’ll be supportive of euro bonds have reduced the attractiveness of the Swiss franc as a haven asset,” said Kenneth Broux, a senior market economist at Lloyds TSB Corporate Markets in London. Japan’s statement has prompted an “unwinding of short euro positions,” he said. A short position is a bet an asset will weaken.
The franc fell 0.2 percent to 1.2556 per euro at 12:16 p.m. in London and earlier slid as much as 0.4 percent, reaching its weakest intraday level in three days. Against the dollar, the Swiss currency traded at 96.69 centimes.
Source : Garth Theunissen

Tuesday, December 21, 2010

Retour du Super Cycle des matières premières


Depuis cet été, les augmentations de prix des métaux bruts sont-elles justifiées par les fondamentaux ? Les prix des matières premières ont effectivement fortement rebondi depuis l’implosion de l’économie à la fin de l’année 2008. Le cuivre, souvent considéré comme le baromètre des matières premières, après avoir perdu 68 % entre juin et décembre 2008,a rebondi de près de 200 %. Il se trouve donc très proche de son niveau d’avant lacrise. Cette dernière n’est en fait probablement pas finie, mais la demande des matières premières est en hausse alors que la production patine. La hausse de la demande est bien sûr explicable par l’appétit glouton des pays en voie de développement – la Chine en tête - et leur poids dans la consommation des matières premières est dorénavant bien supérieur à celui des économies développées. Leur croissance, combinée à une amélioration des conditions économiques en Europe et surtout aux Etats-Unis (comparativement à une base 2009 très basse), fait que, dans une environnement de faibles stocks de matières premières, il est nécessaire que les prix augmentent pour inciter de nouvelles mines à ouvrir, or il peut s’écouler de cinq à dix ans entre la découverte d’un gisement et sa mise en production…   Le « super cycle des matières premières » est-il de retour en force après la crise ? Le cycle de forte consommation de matières premières dans lequel nous sommes n’est probablement pas près de s’achever et les volumes en jeu sont colossaux. L’appellation de « super cycle » n’est donc pas une exagération. Le meilleur moyen de se convaincre que ce cycle va durer est d’observer que la consommation annuelle par habitant en Inde et en Chine est encore très faible pour la plupart des matières premières, et qu’elle va augmenter au fur et à mesure que la richesse augmentera, entraînant des changements de mode de consommation (plus proches des nôtres) et des besoins en infrastructure. Ces évolutions sont fortement consommatrices de matières premières.   Mais où en sommes-nous ? On compte en Chine 80 voitures pour 1 000 habitants (contre 800 pour 1 000 aux Etats-Unis) et une consommation de trois barils de pétrole par an et par habitant. Ces données sont encore plus faibles en Inde, probablement en retard de dix ans par rapport à laChine en termes de développement. Sans attendre un rattrapage total, une augmentation de ces données nous semble inéluctable. Or, comme elles concernent des milliards de personnes, elles ont un impact énorme sur la demande globale…   Le nouveau plan à cinq ans de la Chine, plus orienté sur la production de biens de consommation, permettra t-il de soutenir la demande de métaux au même niveau que le précédent ? Les détails du nouveau plan chinois (2011-2015) ne sont pas encore connus, mais les lignes directrices permettront de favoriser la consommation interne, d’améliorer l’accès à la santé...

Source : www.usinenouvelle. com  /  Daniel Krajka